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Du sexe dans un bus de nuit en Afghanistan

Du sexe dans un bus de nuit en Afghanistan
Du sexe dans un bus de nuit en Afghanistan

— Jean-Pierre, raconterais-tu quelque chose que tu n’as encore jamais publiquement dévoilé, soit par omission soit parce que l’acte n’était pas très socialement correct ?

— Oui, c’est facile, parce que j’y songeais ces jours-ci en m’interrogeant de cette manière : quelle est la chose la plus conne, dans le sens provoc ado, inconsciente, et la plus dangereuse que j’ai faite ? La réponse ne s’est pas fait attendre : elle crie l’inconscience et la méconnaissance des conséquences possibles et l’irrespect d’autrui.

J’avais dix-neuf ans. C’était en Afghanistan. Une jolie Néozélandaise à la chevelure rouge feu jusqu’au bas des reins avec, me disait-on, un regard vert de chatte provocante, accompagnait mes pérégrinations. Elle s’appelait Ella. Nous voyagions dans un bus de nuit entre Erat et Kaboul. Une envie de jouir soudaine nous submergea. Nous étendons un duvet sur nous pour nous cacher aux regards. Le sexe, à cet âge, est aveugle et prend facilement le pouvoir sur la raison.

Imaginez deux jeunes occidentaux faisant rien de moins que l’amour dans un autocar brinqueballant, plein à ras bord de femmes voilées, de fiers Pachtounes et d’Hazaras, la nuit certes, entre Erat et Kandahâr ! Je ne crois pas que l’on puisse poser acte plus provocateur et dangereux. Au cas où notre incartade eut été mise à jour, c’était incontestablement l’appel à un lynchage collectif. Il n’y aurait pas eu un espace pour discuter, argumenter, se justifier, s’excuser, mettre cette inconcevable conduite sur le dos de la jeunesse, si nous avions été découverts. Je vous dis, une pure folie ordalique !

Par bonheur, une main est venue se faufiler entre nos deux sièges. Possiblement celle de l’homme fièrement enturbanné et hirsute, dont le regard farouche avait fait dire à Ella, quand il faisait encore jour, qu’il ne devait pas faire bon être son ennemi ; il avait, selon sa description, l’allure d’un impitoyable guerrier. Et nous avons à cet instant enfin réalisé la gravité de notre entreprise. Il ne nous restait plus qu’à dormir et à remettre notre faim l’un de l’autre au lendemain. Inch’Allah ! Et cette fois-ci, dans des lieux sans témoin.

Je crois que la mort, cette nuit-là, ne voulut pas ajouter deux jeunes inconscients à son royaume, lequel, pourtant, ne semble pas avoir de problèmes démographiques.

 

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Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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