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De ce monde n’attends mon amour que ce que tu apportes

De ce monde n’attends mon amour que ce que tu apportes
De ce monde n’attends mon amour que ce que tu apportes

Dans la rivière noire de pus j’ai jeté parfums prières et fleurs

Charon ne m’a pas vu, j’étais devenu transparent,

Avec les clous rouillés de la course au bonheur

j’ai scellé le cercueil de mes faux parents.

 

De ce monde n’attends mon amour que ce que tu apportes

Bluets et coquelicots disent la beauté de la fragilité

Celui qui prétend t’indiquer le chemin ne vaut pas un cloporte,

La fausse note n’existe pas, tout est musicalité.

 

Montagne d’abîmes, déflagration cardiaque de silence

Foudroyé par une lumière nocturne inversant le regard

« Plus rien de ce qui est humain ne m’est étranger »,  je partage cela avec Térence.

Souvenir : je tremble de froid, la première neige tombe sur Srinagar.

 

Mine de rien, mine d’or, mine de diamants

J’en ai cassé la mine de mon crayon

Oh non tu ne m’avais pas dit maman

Que sur leurs bouches les hommes ont des bâillons.

 

Pas d’exil, pas d’asile, pas d’abris

L’amour posé sur une personne est ombre et haillon

Marchons confiants sur cendres, abîmes et débris,

Miracle, la mine a refleuri au bout de mon crayon.

 

Déprime, désert de désir

Tendances, panthères noires tapies dans nos obscurités

Arracher la culotte du monde pour lui faire l’amour sans rougir

Et tirer toutes les chasses d’eau internes dès que pointent idéologies et moralités.

 

La vie, un torrent de braises

Nous ne pouvons ni la lâcher ni la tenir

L’obstacle, la tentation sacrificielle du héros qui sauterait de la falaise,

Ni à soi, ni aux autres, ne plus appartenir.

 

Mon voisin sculpteur, comme Pygmalion, implore Aphrodite

Pour qu’elle donne vie à la statue

Qui vient d’éclore sous ses doigts d’ermite,

Mais seul celui qui n’attend plus rien vit en dehors des chemins battus.

 

Les mangeurs de routes se perdent dans la géographie

L’histoire rend obèse et ne profite qu’à ceux qui l’inventent

Trouver, trouver le garrot qui arrête toutes les hémorragies,

Les jugements sont la matrice de toutes les épouvantes.

 

Parabellums, parapluies, paratonnerres, paradigmes, paraboles

Seul est un poète celui qui a traversé la rivière noire de l’amnésie de son histoire

Celui qui sait que le monde n’est qu’une pensée, une fenêtre,

Que la mort est l’ombre et la substance même de ses idoles.

 

« Ce que les gens te reprochent, cultive-le, c’est toi-même »

J’éclate de rire en ramassant la monnaie sur le comptoir

Dans la radio Dalida chante : « paroles, paroles ». Qu’il était bon le café crème !

Volteface, avant de sortir du bar je pose un énorme pourboire.

 

Mes voisins, tiercé, Française des jeux, petits verres de blanc

Transpirent leur embarras devant ma différence

Tous, ils cherchent au dehors quelque chose qui les rendrait plus grands

L’espoir et l’ébriété les jettent sur les chemins de l’errance.

 

Aède grec, barde celte, troubadour, bâul au Bengale, poète au café des sports

Charon, en jetant parfums prières et fleurs sur la rivière noire nous t’avons mis au chômage

Mais ce pourboire démesuré, c’est pour ta famille de croquemorts,

Youpi, Ulysse est de retour à Ithaque, Calypso m’attend en face à l’hôtel du voyage.

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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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adrien 27/12/2018 17:15

oui c'est beau, je sens peut-être l'influence de Christian Bobin

Georges 24/09/2018 19:07

très beau± J'en profite pour te dire MERCI pour tout