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La résurrection n’engendre ni ombre ni trace.

La résurrection n’engendre ni ombre ni trace.
La résurrection n’engendre ni ombre ni trace.
La résurrection n’engendre ni ombre ni trace.

À Bogotá, je connais une rue sans fenêtres,

Sur une terre assoiffée, un dieu de terreur asservissant ses prêtres,

Ailleurs, une rivière souterraine qui ne se soucie pas du paraître,

Partout, trop de gens en insuffisance respiratoire entre ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent être.

 

Assis avec ma pipe sur les marches d’un monastère des Météores,

Un higoumène m’apostrophe : « Je donne des lunettes pour voir les angles morts »,

Moi : « Des boutons-d’or aux oxymores »,

Nos rires silencieux recousent le crépuscule avec l’aurore.

 

Le lendemain je visite un clairvoyant,

Il a des angles morts, d’intarissables poches qui boivent l’argent,

Je lui donne des boutons-d’or en souriant

Tout en lui parlant de la gratuité des lunettes de l’higoumène bienveillant.

 

En cramoisie colère ondulatoire, il m’indique la porte,

J’ironise : « Voulez-vous que je l’emporte ? »

Il réplique : « Méfie-toi de ce que tu colportes,

L’arrogance, étranger, crée des problèmes d’aorte. »

 

Je rétorque en articulant bien chaque lettre :

« T’inquiète pas frangin, un jour s’épuisera la tyrannie de la recherche du bien-être,

Sache qu’à Bogotá, une rue, une ruelle sans fenêtres

Dissout la tentation du paraître dans l’immédiateté de l’être. »

 

Chantons des mantras ou pas, voyons des westerns ou du Bollywood,

Mais au bord du chemin ne devenons jamais cet enfant qui boude,

Rions de tout, des oxymores, des boutons-d’or, de ceux qui pour mourir au bord du Gange jouent des coudes,

Mais trouvons le mot qui dit ce qui n’est pas et célébrons ensemble la cicatrisante consoude.

 

L’higoumène murmure : « Étranger, sais-tu qu’il faut de l’audace pour briser nos carapaces ?

Déplie tes ailes cachées en observant le vol du rapace,

Puis façonne des prémonitions avec l’argile de l’espace.

Tu verras, la résurrection n’engendre ni ombre ni trace.

 

Quand une pensée apparaît, ne l’invite pas à prendre un verre,

Même si sur ton jardin de raison elle te promet de faire fleurir des primevères,

Comme elle est venue, laisse-la aller vers,

Ne t’habille pas de sa marée haute de projets, reste à découvert. »

 

J’ai quitté les Météores et ses monastères,

J’ai fumé les boutons-d’or, cassé ma pipe en bruyère,

Et avec l’anonymat de la rivière qui court sous terre

Je suis devenu disciple du grand mystère.

 

La résurrection n’engendre ni ombre ni trace.
La résurrection n’engendre ni ombre ni trace.
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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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gazou 16/05/2021 15:32

J'aime bien ton texte;
Merci au disciple du grand mystère