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L'amour connait le chemin

L'amour connait le chemin

COUPLET

Dix-sept ans, la nuit dans les yeux

Né dans une station service

Les moteurs parlaient, les hommes mentaient

Il ne voyait pas les filles passer devant le bar

Les autres parlaient de jambes, de cheveux, de seins

Lui, il gardait le silence

Il avait autre chose dans le bide

Des mots. Des mots rouges, noirs, bleus, qui frappaient à sa porte comme des morts réclamant la vie

Des mots gros comme une caisse claire

Il les gardait là, sous la peau, jusqu’au jour où la musique viendrait les chercher.

 

REFRAIN

Tous les bâtards lui criaient :

Tu ne verras jamais l’amour venir

Bande de chiens, l’amour n’a pas besoin d’yeux

L’amour connaît le chemin.

 Il a fermé la porte au monde

Et poussé celle de la nuit

Puis il a écrit, écrit jusqu’à ce que le noir commence à brûler.

 

COUPLET

Ses copains parlaient trop fort, toujours trop fort

Le désir dans la bouche, la peur sous la chemise

Lui ne savait pas mentir, il avait le cœur en morceaux

Et une faim plus longue que la route 66

Faim de fille, faim de départ, faim de musique

Faim de quelque chose qui n’avait pas encore de nom

Alors il écrivait

Il jetait ses textes dans les mains des musiciens

Tiens, prends ça mec, fais-les jouir avec tes musicos !

 

REFRAIN

Tous les bâtards lui criaient :

Tu ne verras jamais l’amour venir

Bande de chiens, l’amour n’a pas besoin d’yeux

L’amour connaît le chemin.

 Il a fermé la porte au monde

Et poussé celle de la nuit

Puis il a écrit, écrit jusqu’à ce que le noir commence à brûler.

 

COUPLET

Et quand la guitare vrombissait

Quand la basse faisait trembler les murs

Ses mots devenaient des poings, des poings lancés au visage de la nuit

Et puisqu’on lui refusait les couleurs du monde

Quelque part entre Alabama et Géorgie

Il les réinventait dans ses textes

Ils empestaient le bourbon, les bottes dans le fumier, les pneus cramés.

 

REFRAIN

Tous les bâtards lui criaient :

Tu ne verras jamais l’amour venir

Bande de chiens, l’amour n’a pas besoin d’yeux

L’amour connaît le chemin.

 Il a fermé la porte au monde

Et poussé celle de la nuit

Puis il a écrit, écrit jusqu’à ce que le noir commence à brûler.

 

COUPLET

Le train de l’amour est arrivé

Ferraille, fumée, tonnerre

Il l’a pris et quelque chose a sauté dans sa poitrine

Les rêves vécus ne demandent pas pardon

Ils brûlent les cages où les hommes ont appris à rester petits

Sa nuit a explosé en chansons

Feu à tout ce qui disait : Reste à ta place d’aveugle

Et dans l’incendie quelque chose s’est ouvert

Pas ses yeux, mais le monde.

 

REFRAIN

Tous les bâtards lui criaient :

Tu ne verras jamais l’amour venir

Bande de chiens, l’amour n’a pas besoin d’yeux

L’amour connaît le chemin.

 Il a fermé la porte au monde

Et poussé celle de la nuit

Puis il a écrit, écrit jusqu’à ce que le noir commence à brûler.

 

COUPLET

Et ses mots devinrent une putain de porte grande ouverte

Et derrière cette porte, il n’y avait plus ce bouseux qui ne voyait pas

Il y avait un homme debout devant un public

Du feu dans la poitrine et la nuit à ses pieds

Et ces mots, ils avaient trouvé une voix, sa voix

Alors il disait, contait, lisait, criait

Et les visages dans la salle respiraient ensemble

Quelque chose de vaste passait, passait

Il goûtait enfin ce qu’il cherchait depuis le début :

L’inspiration, la joie, la liberté

Et peut-être, oui, peut-être : l’amour.

 

REFRAIN

Tous les bâtards lui criaient :

Tu ne verras jamais l’amour venir

Bande de chiens, l’amour n’a pas besoin d’yeux

L’amour connaît le chemin.

 Il a fermé la porte au monde

Et poussé celle de la nuit

Puis il a écrit, écrit jusqu’à ce que le noir commence à brûler.

L'amour connait le chemin
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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

Amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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