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Conso, tu nous as bien eus.

Conso, tu nous as bien eus.
Conso, tu nous as bien eus.
Conso, tu nous as bien eus.

À chacun son époque

La mienne fut rock

Rock à bloc

Et même si les temps débloquent
Je garde une fleur au fond du froc

Car sous les cendres du vieux Woodstock

Y’a toujours un cœur qui bat en rock.

 

Certains sont nés du côté de Vladivostok

Moi j'ai grandi dans l'ombre de Woodstock

On marchait vers une improbable terre promise

Peace and love en était la devise

Des rives sauvages de l’Orénoque

Aux gratte-ciel géants de New York.

 

On pensait que notre insouciance

Finirait par désarmer la violence

On croyait que l'amour sauverait le monde

Que la paix enterrerait les frondes

Chaque rencontre au bout de nos errances

Avait la saveur d’une renaissance.

 

À Woodstock résonnait la même évidence

Un refus têtu de l’obéissance

Country Joe martelait sa caustique sentence

I Feel like I’m fixin’ to die rag en cadence

Et la foule reprenait sa chanson

Pour que cesse à jamais la folie des canons.

 

Fallait qu'ça claque, qu'ça choque, qu'ça électrochoque

Surtout pas qu’ça bloque

Sex, drugs and rock'n roll

Personne ne parlait de cholestérol

Du culte de l’huître bleue

À l’escalier des cieux.

 

Du violet profond au noir sabbat

On n’fumait pas que du tabac

Du loup des steppes au velours souterrain

On redoutait de vivre pour rien

On a brûlé les doutes

Et on a pris la route.

 

Dans l’habitacle, Smoke on the water

Whole Lotta Love dans le moteur

Fallait que tout chavire, que la peur se consume

Que Born to run nous emporte loin de l’amertume

Sans carte, sans maître, sans expertise

On roulait, on aimait, sans autre devise.

 

Hendrix brûlait sa Stratocaster

Comme s'il voulait foutre le feu à l’univers

Take it easy chantaient les Aigles

On digérait en couleur l’ergot de seigle

Pieds nus le long des docks

Avec des rêves en stock.

 

Quand un vieux riff de rock

Grésille entre Avignon et Bangkok

Je revois les concerts, la fumée qui nous unit

Les nuits sans abri

Et j’entends Barry McGuire défier le gouvernement :

« Dis-moi mec, tu ne vois pas que tout s’effondre lentement ? »

 

On a brûlé nos vies

Aiguilles dans l’rouge, alarmes qui crient

Certains se sont rangés, la mort en a pris

Hippies hier, bobos aujourd’hui

Et la conso tapine dans les vitrines

Elle nous a bien eus, avec ou sans vaseline !

 

On voulait changer le monde, briser tous les verrous

Aujourd’hui presque tout le monde est à genoux

Les slogans d’hier s’affichent sur les vestes hors de prix

Le marché recycle notre insoumission et nos cris

Woodstock est une marque imprimée sur du coton bio

La révolte se vend soldée entre deux promos.

 

Au fond je reste ce môme baroque

Qui rêvait d’un horizon sans verrou qui bloque

Quelque part entre Born to be wild et la protest song

Toujours très like a Rolling Stone

Putain, on y a cru

Mais tout a été acheté et vendu !

 

À chacun son époque

La mienne fut rock

Rock à bloc

Et même si les temps débloquent

Je garde une fleur au fond du froc

Car sous les cendres du vieux Woodstock

Y’a toujours un cœur qui bat en rock.

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À propos

Jean-Pierre Brouillaud

Amoureux de l'inconnu voyageant pour l'Aimer davantage !
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