25 Avril 2026
Les moteurs gueulaient un blues de graisse et de pistons
Insouciants, ils ont suivi leur invitation
Sur le bitume de l’exil, là où les frontières s’effacent
Ils ont jeté leurs papiers pour ne plus laisser de traces
Mettant plein gaz vers d’inatteignables lointains
En faisant doigt d’honneur et grimaces aux gérants de leur destin.
Ils ont vécu à grands coups d’électrochocs
Sans règle, sans doc
Moteurs et musiques électriques saturant leurs neurones
En crue de rage et de phéromones
Effrayant banquiers et politiciens
En tentant d’ouvrir d’ordaliques chemins.
L'asphalte fondait sous leurs roues comme une promesse mal tenue
Ils voulaient tout vivre, nuits trop courtes, matins apparaissant dans des langues inconnues
Possédés par la fureur d’exister autrement et ailleurs
Pour le pire et le meilleur
Ils aspiraient à la liberté du ciel, mais ils tricottaient de la nuit
Avec les aiguilles de la colère pour tromper l’ennui.
Quand les amphét et le whisky embuaient leurs regards
Dans les bars ils attisaient des bagarres
Les chromes des motos brillaient sous les néons
Leur espoir, que le monde cesse de tourner en rond
Ils n’attendaient jamais demain, ça semblait trop tard
Le salut était au présent, dans la foudre des guitares et des départs.
Le seul état qu’ils respectaient, c’était celui de l’urgence
aucune concession et de la violence
Le long des highways les pylônes qui défilaient dans les plaines
Leur inspiraient les chansons qui coulaient dans leurs veines
Ils paradaient comme des oriflammes sur leur cheval de fer
Certains les appelaient les Anges de l’Enfer.
Et les jours de blues à Macon, État de Géorgie
Là où deux accidents de moto leurs confisquèrent la vie
Guitariste, bassiste, Duane Allman, Berry Oakley
Leurs fantômes inassouvis rôdent encore sur leurs homicides Harley
Avec sur les lèvres la chanson Ramblin’ man, remerciant Dieu de les avoir faits nomades
Une chanson qui caracola, tourna dans tous les hits parades.
Peu importait la chute, pourvu que le saut soit immense
Sur l’ivresse, sur la mort, il fallait prendre de l’avance
Un moteur s’éteignant au milieu du désert
Et personne pour pleurer quand la route les jetait à terre
Un éclat brut, un ultime vertige
Avant que tout ne se fige.
Pendant que le vent soufflait sans pourquoi
Ils roulaient dans des corridors vides où l’on perd la foi
Et si tout s’effondrait devant eux, ils dansaient dessus
Voulant faire du chaos quelque chose de vrai, de plus, de nu
Et si Dieu rôdait dans les rues désertes
Il les trouvait là avec envies et mains grandes ouvertes.
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The Allman Brothers Band - Ramblin' Man (Lyric Video)
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